Marseille : La Ruche condamnée pour intoxication à la tapenade

La Ruche

Les effets de l’intoxication à la tapenade peuvent parfois s’avérer désastreux : perte de la vue, paralysie, mort… Les personnes qui en ont souffert en conservent souvent des séquelles graves, notamment sur le plan respiratoire, et ceci, sur le long terme. Le procès à Marseille de la Ruche, un fabricant artisanal ayant causé l’intoxication alimentaire à la Tapenade mal stérilisée, a été placé en délibéré le 13 juin dernier. Onze personnes parmi les plaignants se sont portées partie civile devant le tribunal correctionnel de Marseille. Le parquet avait, pour sa part, requis une peine de 18 mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 euros.

Des conséquences désastreuses en 2011

Les bocaux de tapenade, très appréciées sont des préparations à base d’olive. Cependant, ceux-ci avaient causé la présence en France de 2 foyers de botulisme en 2011. Pour ceux qui ne le connaissent pas, la toxine botulique de type A est le poison le plus dangereux qui existe. Rien que le fait d’en ingurgiter une petite partie peut provoquer des conséquences graves sur la santé, pouvant même entamer le processus vital. Dans le Vaucluse, plusieurs personnes ont été hospitalisées en 2011 après avoir consommé le produit. Trois personnes ont connu le même sort à Amiens après avoir mangé cette tapenade.

Selon l’avocat Marseille de la partie civile, l’enquête menée a révélé que les méthodes de stérilisation utilisée par la Ruche n’étaient pas conformes aux réglementations en vigueur. En effet, les bactéries contenues dans la tapenade devaient être détruites à une température de 127°C. Cependant, le gérant utilisait un stérilisateur de ménage dont la température ne dépassait pas les 103°C. Ce qui était insuffisant pour détruire les bactéries.

La Ruche n’a pas pris en compte le problème

L’atelier de fabrication de la Ruche a été contrôlé en 2007 et le problème a été signalé au gérant, sans réaction de sa part. En effet, les inspecteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes lui avaient signifié le problème du stérilisateur. Ils lui avaient signifié en plus que les thermomètres étaient rouillés et ceci pouvait entraîner une différence de température allant de 3 à 6 degrés. Après cet incident et le procès qui s’en suivit, les seuls mots du gérant sont : « je suis désolé ». Cependant, son avocat Marseille affirme qu’il s’agit d’un homme humble, modeste et sincèrement désolé. Pour rappel, le botulisme a touché 1532 personnes entre 1956 et 2000 et a fait plus environ 50 morts.