Etre en couple et vivre séparément

coupleMon moi, mon toit…

Derrière ce style de vie atypique se cache aussi un besoin nouveau, croissant et symptomatique de nos sociétés modernes : le besoin d’indépendance et de liberté.

En des temps désormais révolus, la morale voulait que les couples se marient et vivent sous le même toit. Et tous ceux qui osaient braver cet interdit voyaient leur histoire inévitablement taxée de « temporaire » et de superficielle… Aujourd’hui, les choses sont bien différentes. Des mutations fondamentales sont apparues sur le plan social et ont conduit à une nouvelle façon d’envisager le couple et plus généralement la famille.

De plus en plus de femmes travaillent et s’assument financièrement et beaucoup d’entre elles, confortablement installées dans leur petite vie sans contraintes, se plaisent dans cette situation. Quant aux hommes, ils sont nombreux à rêver de liberté et à fuir les relations trop étouffantes. Quelquefois, il s’agit d’un véritable choix, et d’autres, la situation est au départ le fruit des circonstances (mutations, éloignements provisoires…) et finit par convenir aux deux partenaires qui décident alors de l’adopter.

Pas étonnant que certains trouvent leur compte dans cette vie de couple « pas comme les autres », une vie dans laquelle ils ne sont ni seuls ni privés de leur liberté individuelle, une vie faite de plaisirs choisis et dégagée de toutes les contraintes qui accompagnent souvent la routine du couple.

Peur de l’engagement

Refuser de vivre avec son (sa) partenaire, se priver délibérément d’une vie de total partage avec l’être aimé, cela peut aussi, parfois, cacher un malaise profond. Les difficultés qui entourent la vie sont autant de défis à relever pour le couple. Ne pas y faire face, tenter éternellement d’y échapper, c’est aussi une manière de fuir, de ne pas assumer, de ne prendre que le meilleur en refusant le pire.

La peur de l’engagement, la peur de ne plus plaire, de voir s’émousser le désir au fil du temps, tout cela peut pousser certaines personnes à opter pour ce choix, et à se cacher derrière des excuses fallacieuses. Ce comportement est fréquent chez les personnes qui trainent un passé sentimental douloureux ou qui ont récemment vécu une rupture ou un divorce. Elles se persuadent qu’elles sont pleinement heureuses de cette façon mais ce n’est au fond, qu’une manière de cacher leur vulnérabilité, leur façon de se protéger, de ne surtout pas s’attacher.

Dans ces cas là, il est évident que ce choix n’est pas le bon. Si c’est votre cas et que la vie à deux vous effraie, parlez-en à votre partenaire, faites-lui part de vos doutes, de vos craintes et de vos appréhensions. S’il ou elle tient vraiment à vous, il saura apaiser vos tourments et vous rassurer. Vous pourrez alors vous laisser aller aux plaisirs de la vie à deux. L’aide d’un psychologue peut également vous aider si votre malaise est plus profond. Vous ne pourrez pas éternellement fuir vos sentiments et aller à contre-courant de vos envies profondes. Tout le plaisir de la vie à  deux vient aussi des risques que l’on prend en y faisant face. Ne vous privez pas des grands bonheurs de la vie uniquement parce que vous avez peur de les voir s’effondrer. En vous protégeant de souffrances qui n’existent pas encore, vous vous privez d’un  bonheur qui lui, est sans doute à portée de main.

Décider de ne pas vivre ensemble lorsqu’on est un couple. Beaucoup d’entre nous seraient tentés de porter un jugement quelque peu hâtif sur cette situation peu banale. Pourtant, il semblerait qu’elle soit, pour certains, un compromis idéal, une façon comme une autre de penser l’amour, d’entretenir la flamme, d’envisager l’avenir. Besoin d’indépendance, d’autonomie ou lutte sans merci contre la routine qui lasse, autant de raisons qui peuvent animer un tel choix et satisfaire pleinement les couples concernés. Pour autant, ils ne sont pas à l’abri de certaines déconvenues : l’éloignement et l’absence de l’autre en des moments importants de la vie peut entraîner un manque, semer le trouble, favoriser les tentations extérieures, creuser parfois le fossé de l’incompréhension. Un terrain propice à bien des débordements…

Il arrive aussi dans certains cas que la décision de ne pas vivre ensemble ne soit pas guidée par des motivations réelles et ne soit que le reflet d’une peur, celle de s’engager, de s’offrir à l’autre et de s’abandonner sans retenue à l’amour. Dans de pareils cas, ce bonheur que vous cherchez tant à préserver ne sera jamais qu’un leurre… Alors faites le choix qui vous correspond, celui qui vous rendra heureux (se). L’amour a tous les visages, l’important c’est qu’il vous ressemble.